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Nos ancêtres les loups

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Le loup, animal mythique

L’origine du loup remonte au paléolithique. A cette époque ses relations avec l’homme sont pacifiques, ce dernier étant un prédateur-chasseur au même titre que le loup. C’est d’ailleurs le loup qui enseigne à l’homme les techniques de la chasse. Dès le néolithique, l’homme admiratif et reconnaissant envers cet animal commence à décorer de sa silhouette les parois des cavernes.

Dans la mythologie gréco-romaine, le loup devient symbole de sexualité et de fécondité. Les amours illégitimes de Zeus et de Léto, la mortelle, donnent naissance à Apollon et Artémis. Mais pour éviter toute indiscrétion par rapport à Héra, son épouse, le dieu Zeus transformera sa maîtresse Léto en louve.

Le mythe était né. La lupa, en latin, sera tour à tour la louve ou la courtisane (d’où l’origine du nom lupanar…). Vénérée en tant que déesse de la fécondité puisque qu’elle sauva des eaux les fondateurs de Rome, Romulus et Remus et devint leur nourrice, elle sera également sacrifiée en tant que Rhéa, leur génitrice, coupable du pêché de la chair. Pourtant, qu’elle soit mère ou catin, la lupa sera célébrée chaque 15 février par une fête en l’honneur de la fécondité et qui se nommera les « lupercales ».

Les grecs quant à eux firent du loup un symbole de cruauté. Pour punir Lycaon qui avait servi de la chair d’enfants à ses invités lors d’une réception, Zeus le transforma en loup-garou (lycanthrope en grec antique). Platon lui-même entretient la légende en affirmant qu’il vaut mieux voir le loup avant qu’il ne nous voie, sous peine d’être paralysé par son regard !

 

De la peur à l’éradication

De l’admiration à la crainte il n’y a qu’un pas, que l’homme franchira allègrement en organisant d’odieuses battues. Par le biais de la chasse, avec des chevaux et des chiens, piégés dans des fosses et des cages, les loups furent complètement anéantis en Angleterre au début des années 1500. En Ecosse le dernier loup fut tué dans le milieu des années 1700. La plupart des pays européens exterminèrent leurs populations de loups peu de temps après. Quelques uns vivent encore en Europe de l’Est, en Inde, en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Moyen-Orient. Nul ne sait combien survivent en Russie et en Chine. La plupart des loups d’Amérique du Nord se trouvent en Alaska et au Canada, et les chasseurs, dont la plupart méconnaissent cet animal timide, s’accordent tous à dire qu’ils sont extrêmement difficiles à débusquer.

Cette attitude haineuse à l’égard du loup trouve sa source au Moyen Age, époque d’obscurantisme par excellence. Le loup, animal puissant, intelligent, carnassier… offrant trop de similitudes avec l’homme, dans sa façon de vivre en groupe, dans son regard (humain, il faut bien l’admettre) ne pouvait être qu’une créature de Satan. La religion chrétienne va renforcer ce trouble et ces peurs irrationnelles en rendant officielle l’appartenance du loup aux forces du mal et aux puissances obscures du monde surnaturel, alimentant par la même occasion de nombreuses fables et légendes, comme le loup-garou ou encore la bête du Gévaudan.

Il n’en est pas de même chez les Indiens d’Amérique, où le loup, respecté et honoré, servira de modèle pour la chasse et jouera un rôle important lors des cérémonies religieuses de certaines tribus, en particulier comme animal sacré et guérisseur. Chez les Esquimaux également, aujourd’hui comme par le passé, l’homme et le loup vivent en harmonie. Le partage de la nourriture et du territoire est possible car tous deux chassent les mêmes proies et mènent le même genre de vie nomade.

Que ce soit chez les Indiens de par le passé ou chez les Esquimaux de nos jours, le loup est respecté pour ses compétences en tant que prédateur. Mais il est également admiré pour le dévouement dont il fait preuve envers ses compagnons, toujours soucieux de leur bien-être. Il est incontestablement un modèle de comportement social aussi bien pour l’homme que pour les autres animaux. Puissant et courageux, le loup est considéré comme détenteur d’importantes forces de la nature. Toutefois, lorsqu’un homme de ces tribus venait à tuer un loup, soit pour lui prendre sa peau, soit pour d’autres raisons bien spécifiques, il le faisait dans un souci d’égalité et non dans le but d’abattre un ennemi.

Cette coexistence entre le loup et l’homme n’est possible que lorsqu’il n’existe aucun conflit entre leurs modes de vie. Le conflit se posa rapidement lorsque l’homme commença à produire sa propre nourriture au lieu de chasser les animaux sauvages et de cueillir les plantes. Les loups quant à eux furent bien obligés de continuer à chasser pour se nourrir et les hommes, dans leur ingratitude, refusèrent de partager leurs troupeaux. Dès lors, le loup ne fut plus considéré comme admirable et courageux aux yeux de l’homme et de son évolution, mais comme un dangereux prédateur-voleur qu’il fallait coûte que coûte contrôler ou exterminer.

Dès que l’homme commença à vivre de l’agriculture et de l’élevage, il y a environ 12 000 ans, la cohabitation entre les loups et les humains devint impossible dans de nombreuses parties du monde. En Europe, beaucoup de forêts furent abattues dans le courant du Moyen Age pour faire place aux villages et aux champs, les loups perdaient donc leurs habitats naturels et se trouvaient acculés à rechercher leurs proies dans les zones d’habitation des humains.

 

Promenons-nous dans les bois…

Lorsque les colons européens débarquèrent en Amérique du Nord dans les années 1500 et 1600, il y avait encore de nombreux loups qui peuplaient les forêts profondes et les vastes plaines du continent. Il aurait été tout à fait possible, alors, de les laisser vivre en paix, séparés des hommes, tant l’espace, la faune et la flore le permettaient encore ! Malheureusement, inspirés par la tradition européenne de la haine du loup, ces premiers colons firent du continent nord américain une scène meurtrière d’une grande barbarie. Les hommes chassaient les loups en utilisant des puits, des pièges et du poison. Des primes en espèces étaient offertes en récompense à tous ceux qui rapporteraient la peau ou toute autre partie d’un loup aux autorités.

Cette guerre contre le loup atteigna son apogée dans les années 1800, lorsque de nombreux colons commencèrent à se déplacer au centre du pays. Les gigantesques troupeaux de buffles qui vivaient sur les grandes plaines servaient d’approvisionnement alimentaire aux tribus indiennes ainsi qu’à de nombreux loups. Tous trois, l’Indien, le buffle et le loup furent d’ailleurs condamnés à l’extinction par la « civilisation ».

Dans un premier temps, les chasseurs de loups étaient surtout motivés par leurs peaux, fourrures épaisses et chaudes et qui se vendaient un bon prix sur les marchés européens. Puis, comme le bétail et le mouton de pâturage devinrent plus nombreux, les loups furent tués car ils chassaient les troupeaux pour se nourrir (les bisons, proies naturelles des loups, ayant tous été massacrés, eux aussi !…).

Le poison le plus couramment utilisé par les chasseurs de loups était la strychnine. Cet alcaloïde très toxique était placé dans les carcasses de bovins et de moutons. Cette tuerie fit de nombreuses victimes au cours de la seconde partie du 19è siècle, entre 1 et 2 millions de loups, mais aussi des coyotes, des chiens, des oiseaux et même des hommes… Tous mourraient dans des conditions de souffrance extrême.

Depuis 1900, il reste peu de loups dans l’ouest des États-Unis. Les quelques survivants sont toujours poursuivis par les éleveurs et les bergers désireux d’éradiquer totalement l’espèce. En 1919, le gouvernement rejoint le mouvement anti-loups et décrète une loi visant à l’extermination des loups sur les terres appartenant au gouvernement fédéral. En 1942, lorsque la loi fut abolie, plus de 25 000 loups avaient été abattus à cause de cette loi gouvernementale.

Aujourd’hui, le loup est classé comme espèce menacée d’extinction dans la plupart des régions des États-Unis. Cette classification signifie que la mise à mort des loups est strictement contrôlée par le droit fédéral. Pour la plupart des loups, cette protection arrive trop tard. Les millions d’animaux abattus dans le passé ne pourront être ramenés à la vie. Ironiquement, la plupart des gens conviennent maintenant que leur disparition a entraîné un bouleversement écologique sans précédent.

 

 

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