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Où se cache encore le mercure?

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Bien qu’interdit dans l’Hexagone depuis 1998, le mercure est encore présent et utilisé dans la fabrication du chlore dans les usines françaises. Cette fabrication du chlore est encore autorisée en France par l’utilisation d’une très vieille méthode qu’est l’électrolyse à cathode de mercure. Suite à une requête de la BEE ou Bureau Européen de l’Environnement, la FNE (France Nature Environnement) a mené une investigation auprès des quelques usines françaises dans le cadre de la campagne mondiale « zero mercury ». En enquêtant sur place, les analyses concernant les rejets de mercure dans l’environnement se sont portées sur l’air ambiant dans les environs des usines. Les résultats obtenus par l’enquête se sont alors avérés alarmants pour le responsable de la campagne, Marc Sénant. Ce dernier affirme en effet que leurs mesures dévoilent des chiffres instantanés inquiétants pour quelques sites. Par conséquence, l’alerte fut donnée auprès des autorités publiques en ce qui concerne les dysfonctionnements relevés. Sur ces sites, la FNE a effectivement relevé une présence de mercure dans l’air pouvant atteindre les 20 761 ng/m3 d’air, sachant que l’air contient naturellement 1 à 4 nanogrammes de mercure par mètre cube d’air. De plus, un fond résiduel en continu pouvant atteindre les 300 ng/m3 d’air a été constaté sur quelques-unes des anciennes usines de chlore. De ce fait, les proches habitants de ces dernières subissent une exposition continue à des émissions de mercure qui n’est pas sans effets graves sur leur santé.

Le mercure est effectivement un métal extrêmement nocif pour l’homme. Il s’attaque au système nerveux central et provoque des altérations neurologiques (rappelons-nous ce cas d’intoxication sévère à Minamata, au Japon dans les années 1950 et qui a fait près de 1200 morts.) Ces pêcheurs japonais avaient ingéré des poissons qui eux-mêmes avaient absorbé du mercure déversé par une fabrique de produits chimiques dans la baie. Le mercure contient donc un élément neurotoxique constituant un danger pour l’être humain mais également pour l’environnement (faune et flore). Deux des sites chloriers s’avèrent être une menace pour la santé du millier d’habitants vivant dans les villages, compte tenu des résultats émanant de France Nature Environnement. Sans oublier que ces sites sont implantés tout près des champs agricoles. Certes, des mesures ont été prises pour que les rejets de mercure n’aient aucun effet sur la santé et l’environnement par les autorités concernées, et ceci pour maintenir l’existence des six usines de chlore dans l’Hexagone. Ainsi, on a pu constater depuis les années 1990 une réduction des émanations relatives au mercure de près de 80% en France, avec 38% de réduction depuis 1995 jusqu’en 2000, puis une diminution de 30% durant les cinq ans qui ont suivi. Cette réduction du rejet de mercure dans l’environnement a été effective grâce aux mesures prises en ce qui concerne le traitement des exhalaisons des incinérateurs de déchets. Notons en outre la diminution progressive de l’usage des piles et l’interdiction du mercure dans la fabrication de certains appareils. Par ailleurs, c’est en sensibilisant chaque usager, en pratiquant une collecte adéquate et la remise de tout objet susceptible de contenir encore du mercure, comme les piles ou les vieux thermomètres, que cette diminution de la propagation du mercure dans la nature a été possible.

Toutefois, selon la FNE cela ne suffit pas. Cette dernière préconise en effet l’abandon définitif des techniques utilisant encore le mercure dans les usines fabricant du chlore. Cette mesure aurait dû d’ailleurs prendre effet en 2007. Ces résultats inquiétants de la FNE quant à la présence du mercure dans l’atmosphère ambiant jusqu’à vingt fois plus que la limite définie par l’OMS a suscité une réponse immédiate auprès du MEEDDAT (Ministère chargé de l’Ecologie et de l’Environnement). Celui-ci suggère alors à France Nature Environnement d’organiser une campagne de dispositions combinées dès le mois d’avril 2009 auprès des usines concernées. Ceci en réponse à ces signaux d’alarme et à la demande du FNE de revenir sur la décision prise concernant, notamment, l’ajournement d’un engagement à laisser tomber la technologie prévue en 2010. L’objectif du taux zéro de mercure ne sera donc pris en compte qu’à partir de la fin de l’année 2019. D’ici là, les villageois vivant à proximité des sites en question continueront à être exposés aux émissions de mercure. Ces usines de fabrication de chlore ne sont pas les seules cependant à rejeter du mercure dans l’air, car en dépit des dispositions prises quant à la restriction du taux de rejet de ce métal, on constate que la quantité de mercure se dégageant des diverses cimenteries ou cheminées des usines carburant au charbon est encore trop élevée.

Mais qu’est donc le mercure et pourquoi est-il si dangereux pour l’homme ? Son symbole chimique Hg provient du latin, lui-même emprunté au grec, hydrargyrum qui signifie « argent liquide ». Certains l’appellent également vif-argent en raison de sa teinte métallique comparable à l’argent et parce qu’il se présente sous sa forme liquide à une température normale. Cette propriété lui confère ainsi un caractère unique pour un métal sensé être solide à une température ambiante. Jeté sur une surface aplatie, ce dernier se présente comme de petites billes telles les billes de roulement. Présent naturellement dans les pores rocheux de certains endroits, le mercure se combine à d’autres composants pour constituer des alliages qui sont dissolubles dans l’eau. Ces alliages peuvent contenir des atomes de carbone. Dans ce cas nous avons à faire à du mercure organique. Ne contenant pas de carbone, ils sont inorganiques. Se trouvant à l’intérieur de la croûte terrestre en forte concentration à des endroits donnés, le mercure dans le sol se présente le plus souvent en cinabre. D’autres métaux libres peuvent en outre être contenus dans certaines roches. C’est par l’érosion provoquée par les intempéries que le mercure naturel se libère doucement des roches à mesure que l’érosion progresse. D’autre part, le mercure naturel a pour origine les incendies forestiers ou encore les fontaines hydrothermales. Il n’est pas possible de fabriquer du mercure tout comme l’on ne peut le détruire. Ne pouvant pas être une menace pour l’homme et son environnement tant qu’il reste enfoui dans le sol, les activités humaines telles que l’exploitation minière, l’utilisation des incinérateurs de déchets ou encore la combustion du charbon ont eu toutefois l’effet de provoquer un bouleversement du cycle normal et global du mercure. Ces activités, parmi d’autres encore, rejettent en effet du mercure dans l’air. Quant à la contamination aquatique, celle-ci se produit principalement par le déversement des déchets des diverses usines dans les cours d’eau ou dans des endroits proches de ceux-ci. L’intoxication de l’homme se fera alors soit par inhalation ou encore par la consommation des produits halieutiques : les poissons ou les crustacés. Cette intoxication est dénommée hydrarggrisme. N’habitant pas forcément à proximité d’une usine produisant des émanations de mercure, l’effet dit sauterelle peut répandre le mercure par le biais de l’air. Ce dernier lui sert effectivement de support en étant intégré dans le cycle de l’eau. Transporté par l’air, le mercure retombe ainsi sur le sol avec la pluie ou encore les grêles. Atteignant les mers et/ou les cours d’eau, ce dernier se met alors à se propager. Neurotoxique en pénétrant dans l’organisme humain, le mercure organique passe dans le sang et est alors acheminé vers le foie, le système nerveux et les reins. A trop forte dose, ce composé toxique provoque de graves dommages au système nerveux et provoque des troubles neurologiques. Ainsi, une trop grande absorption de mercure par l’organisme provoque des tremblements musculaires, une susceptibilité chronique ou encore des migraines.

Les mesures étant prises depuis le drame de Minamata, les émissions de mercure dans l’environnement sont aujourd’hui en baisse un peu partout dans le monde. Néanmoins, toujours utilisé notamment dans la fabrication de l’amalgame dentaire, les médicaments, les lampes ou encore dans la fabrication des semences, il s’agira de faire en sorte que la manipulation du mercure ne constitue aucun risque pour la santé humaine. Dans ce sens, et puisque le mercure ne peut être détruit et est présent naturellement dans la nature, il s’agira de réduire au maximum son usage et de procéder au recyclage efficace et adéquat des objets en contenant. Dans cette optique, la réduction de la pollution par le mercure n’est pas seulement l’affaire des industriels et de l’État, c’est l’affaire de chaque concitoyen. C’est ainsi qu’il est bon de rappeler que le tri de ses déchets, tels que les ampoules électriques ou encore les anciennes piles, reste nécessaire. Enfin, de nouvelles dispositions sont en cours d’élaboration en vue de diminuer encore de moitié les rejets de mercure dans l’environnement aquatique et de 30% dans l’air d’ici 2015, selon le MEEDDAT.

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